mardi 17 juin 2014

Parcours pétillant !

Crédit Photo : Les bellista by Nocibé
Depuis quelques jours, c'est officiel, Douglas a reçu le feu vert de l'autorité de la concurrence, l'autorisant à racheter Nocibé. 

Un rapprochement qui permettra à la nouvelle entité de devenir le leader de la parfumerie française en nombre de magasin.

Cette actualité est l'occasion de dresser le portrait d'Isabelle Parize, femme de défi, devenue une personnalité incontournable dans le monde de la parfumerie. À la présidence du directoire de Nocibé depuis 2011, elle marque de son empreinte cette enseigne française et la conduit vers un renouveau stratégique : recentrage sur le service grâce à un vaste programme de formation de conseillères, nouvelle architecture des parfumeries, lancement de la marque propre Nocibé (1000 références) et tout dernièrement, création du concept Les Bellista by Nocibé proposant l’expérience beauté « sur place et  à emporter ».

Entretien avec cette personnalité au parcours pétillant et dont le principal moteur est de s’attaquer, avec enthousiasme, à de nouveaux défis !


Isabelle Parize
1. Comment vous définissez vous en quelques mots ?
A la fois respectueuse des règles et des organisations, j’ai un goût prononcé pour les challenges et j’ai besoin de m’engager sur des routes non tracées. Cette soif de nouveaux défis explique sans doute mon parcours et mes passages successifs d’un univers à l’autre, des médias vers la beauté, entre autres.

2.     Votre parcours international est d’une grande richesse, quel évènement vous a le plus marquée ?
Sans doute ma première expérience chez Procter &Gamble, elle  m’a forgée, durant une période propice puisque j’y étais plus jeune. J'y ai appris l’essentiel : la seule chose qui compte vraiment, c’est le regard du consommateur et la pertinence de l’exécution.

3.     Au quotidien, qu’est-ce qui vous motive, vous fait avancer ?
Je préfère fuir l’évidence pour m’engager dans des situations de challenge. J’aspire à être sollicitée intellectuellement et le besoin d’apprendre de nouvelle chose est un moteur impératif pour moi.

4.     Avez-vous un mentor, un modèle ?
J’ai surtout rencontré ma bonne étoile qui m’a guidée vers mon destin. Toute jeune au lycée à Auxerre, j’ai manifesté mon envie de devenir professeur de gym. Je me suis retrouvée convoquée chez la Directrice qui m’a formellement déconseillé cette voie, voyant en moi des talents qui me permettraient « de faire des choses intéressantes dans la vie ». Respectant son avis, une rencontre avec la conseillère d’orientation m’a dirigée vers le marketing, ce qui m’a menée à l’ESCP. Sans elle, je serais sans doute Prof… Aujourd’hui le sport est plutôt une passion.


5.     Quelles sont les innovations beauté qui vous ont interpellés récemment ?
Invictus de Paco Rabane est un très beau lancement qui m’a marqué par son intégrité dans le mix marketing, d’une cohérence absolue, et par sa qualité d’exécution. Dans un autre registre, l’audace créative de la communication de la Petite Robe Noire de Guerlain. Et en beauté, les BB creams, une réinvention à l’Européenne d’un concept venu d’Asie ouvrant une nouvelle catégorie d’hybrides. Dans l’univers de la beauté, les Chubby stick de Clinique ont été une jolie réinterprètation.

6.     Quelle est votre vision de l'industrie cosmétique de demain et d’après-demain?
Un des challenges du retail sélectif est le segment soin. Contrairement aux parfums où le réenchantement sur le point de vente est en cours, le soin doit reprendre pied, surtout dans un contexte de plus grande sophistication dans les routines et les rituels. L’autre challenge est la capacité de la parfumerie à se remettre en question dans le contexte de la montée des enseignes comme Kiko, Yves Rocher, l’Occitane et de reprendre une position dans ce marché.

7.     Quel est votre conseil aux femmes de notre industrie?
Soyez belles et amusez-vous !

Alors mesdames suivons bien ces conseils avisés !


Article en français et anglais dans le Beyond Beauty Magazine : ici 

mercredi 28 mai 2014

Plein feu sur la couleur - Spécial USA

crédit photo : Gustavo Villar Faguni & Shane Peacock – 
New-York Fashion week Printemps/Été 2014
La couleur, encore la couleur
Le maquillage, 1e segment en valeur du marché prestige aux USA, a connu en 2013 une nouvelle année de croissance à +7%, faisant de l’ombre aux marchés européens affichant un recul (1).   Le marché de la beauté a profité d’un élan d’optimisme aux Etats-Unis  (indice de confiance à 81% fin janvier (2)). L'essor des nouvelles technologies invite à la mise en scène de soi via les réseaux sociaux et le consommateur privilégie l’expression de sa singularité, tout en affichant un look sous contrôle qui profite à l’industrie.

« La tendance est aujourd’hui au look sans défaut et affirmé » explique Karen Grant du NPD Group. Teint zéro défaut, couleurs hyper-pigmentées, yeux parfaitement définis – autant d’attentes qui ont boosté le marché.
Cet élan positif observé depuis plusieurs années consécutives, encouragé  par la concurrence des différents circuits de distribution en quête d’exclusivités, a suscité le désir d’entreprendre de certains nouveaux entrants et invité des marques à s’étendre dans la couleur. Le maquillage serait-il devenu le nouvel eldorado ?

Les chiffres le prouve : selon NPD, les marques de maquillage «alternatives» ont connu une croissance de +28%, les marques de designers +12%, alors que les marques traditionnelles ont connu une croissance de +8% (3) . Et 2013 a été marquée par une activité intense de ce marché, avec l’arrivée de nouvelles marques chez les « retailers », de « pure players » du maquillage sur internet et de nouvelles marques de niche qui surfent sur les nouvelles attentes consommateur.

Le Maquillage – nouvel accessoire des designers
Crédit Photo - Marc Jacobs Beauty - Bleeker Street NYC
Parmi les nouveautés 2013, le maquillage de designers brands (Marc Jacobs Beauty, Tory Bursh, les nouvelles collections Michael Kors)
Marc Jacobs Beauty, redéfinit la beauté comme « parfaitement imparfaite » et propose une gamme permettant à chaque femme d’affirmer son style et la confiance en son look (et en sa différence). Le « plus » de la gamme, des textures  base de gel pour ses mascaras, crayons, fonds de teint et rouges à lèvres. Un lancement qui a fait l’objet d’importants moyens dans sa mise en place et outre les points de ventes Sephora, la marque a bénéficié d’une boutique dédiée dans la célèbre rue « Bleecker Street ». 
Les nouveaux espaces beauté des « Department stores » (nouveaux espaces en 2013 pour Macy’s et Barneys) ont été un écrin privilégié pour des marques de designers qui prolongent naturellement l’esprit de leur marque au maquillage. Ainsi, Tom Ford Beauty ou Dolce&Gabb ana se sont déployés dans le nouvel espace Beauté de Macy’s à Herald Square.

Les marques alternatives se déploient
Crédit Photo: Make Cosmetics
De nouvelles marques sont accueillies à bras ouverts par des distributeurs en quête d’exclusivité. Barneys a rentré Make une nouvelle marque à l’esprit très artistique et philanthropique. Chez Ulta, la marque Jane s’est relancée en proposant une collection de maquillage aux prix accessibles et dont le but est « de faire du monde un endroit meilleur ». La marque propose des opérations sur les réseaux et points ventes dont la vocation est de financer « les amies de Jane », les associations d’aide à la femme. Autre stratégie de conquête, l’élargissement de marques de niches entrées dans ce marché par la petite porte et qui se déploient pour devenir des gammes plus complète. Butter London, après s’être fait un nom dans le segment des vernis, a étendu son expertise dans une gamme complète qui joue les surprises chromatiques intenses et des teintes chatoyantes qui se juxtaposent ou se mélangent. En exclusivité chez Ulta, la marque a étendu sa distribution Henri Bendel.

Le web, l’essor d’une plateforme de lancement
Crédit Photo : Net-à-porter.com
Les circuits directs (direct-to-consumer channels) on connu une progression de +19% sur l’ensemble de la catégorie beauté. Les pure players du net se sont mis à la beauté comme Net-a-porter.com en Mars 2013 et le Luxury Beauty Store d’Amazon a démarré fin 2013. De nouvelles marques ont profité de l’essor du web – comme Em by Michelle Phan, star de Youtube (4) ou Artonit.  Ce sont également des plateformes de choix pour des marques plus «osées» dans leur look qui prennent une place privilégiée dans les articles, les messages de bloggeuses, affichages Pinterest ou Instagram. La marque Sugarpill, joue l’expression colorielle façon K-Pop  et bénéficie déjà de 500 000 membres sur sa page Facebook. D’autres profitent de la plateforme internet comme stratégie d’introduction avant de se déployer dans des circuits plus traditionnels.

In English, this article is available on the Beyond Beauty Magazine (pg 6) : here


(1)- Source : Communiqué NPD Group – 4 février 2014   
(2) - Source : Consumer Sentiment index - Thomson Reuters/University of Michigan's – Fin Janvier 2014
(3)- Source : Article du WWD  du 6 Décembre 2013 – Chiffres NPD Group du 1e semestre 2013.
(4)- Voir notre article du Beyond Beauty Mag N°38