mardi 28 janvier 2014

Et si le phénomène "Selfie" redéfinissait le modèle de la beauté ?

Source : istock

"Selfie" - le phénomène
"Selfie" est devenu le mot de l'année en 2013. Ce phénomène de l'autoportrait via smartphone qui se partage sur la toile a fait le buzz en 2013 et continue en 2014. L’étymologie du mot s'appuie sur le terme soi/self et est associé au terme "ie" qui lui donne une dimension plus amicale, voire affectueuse. Le mot "selphie", ou "selfie", a progressé de + 17000% sur un an d'après les statistiques de "Oxford Dictionaries ".

 
Progression de l'usage du mot « selfie » depuis début 2013. - Oxford Dictionaries (Source les échos.fr)
Selfie d'anonymes,  d'hommes politiques (le fameux selfie de Obama) ou de stars, la mise en scène de soi est en vogue et se voit facilitée par l'évolution des nouvelles technologies. Kim Kardshian propose même quelques conseils pour le "perfect selfie" en quelques étapes simples, incluant le célèbre "duck face". 
Certains experts s'interrogent sur ce phénomène qui touche fortement les plus jeunes et qui est décrit comme "le marqueur d’un nouvel âge technique du portrait de soi". Un portrait qui jadis était commandé par des artistes et est désormais à disposition de tout un chacun, permettant de communiquer son humeur ou sa personnalité et d'établir un véritable partage.  

Aujourd'hui, la pratique du "selfie" fait partie de notre quotidien. Un sondage IPSOS/Association pour la promotion de soi diffusé en octobre dernier indique l'importance de sa propre mise en scène. Lorsqu'il est demandé aux Français dans quel but ils pratiquent la photo numérique, 48% répondent : "pour se prendre en photo et se mettre en scène ". Une propension qui atteint même 61% chez les 15-29 ans. 


"Selfie" et beauté

Tandis que certains s'inquiètent de ce phénomène, l'assimilant à une montée du narcissisme, d'autres y voient une métamorphose des normes visuelles.
Dans un article du Nouvel Observateur, André Gunter parle d'"esthétique conversationnelle" car la question "n'est pas d'être beau, mais de participer à une activité mise à la mode par les réseaux sociaux, on est dans la création d'une nouvelle norme visuelle. On n'a pas besoin d'être beau, ce n'est pas une oeuvre, l'image doit produire de l'interaction et de la conversation". 

Et si le phénomène de Selfie était en passe de redéfinir le modèle de la beauté, vers une beauté plus singulière hors des standards des égéries de papier glacé ? 

C'est la question que pose Dove dans un documentaire réalisé à l'occasion du Sunday film festival, diffusé le 20 janvier 2014. Dans son communiqué, la marque annonce que "les médias sociaux offrent une opportunité de créer son propre media, de personnaliser la beauté et d'influencer l'échange à ce sujet". Plus de 55% des femmes, selon l'enquête Dove, pense que les médias sociaux ont un rôle plus important que les médias traditionnels dans ce qu'ils appellent "la conversation beauté" (beauty conversation).  



Source : Dove


Toujours dans l'esprit des campagnes Dove "campaign for real beauty" valorisant l'estime de soi (10e anniversaire cette année), ce nouveau film permet de mettre en avant l'influence de l'image de soi dans l'acceptation d'une beauté différente et non-parfaite. 
Un film qui invite toutes les femmes à partager leur vision de la beauté sur Twitter #BeautyIs.




De quoi alimenter la réflexion sur les nouveaux standards de la beauté et de la féminité. 

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Sources / articles : 
- les échos.fr : "selfie", l'expression qui a progressé de 17000% en un an - 19/11/2013
- fft.com : Observatoire de la vie numérique des adolescents (12-17 ans) : le "selfie" portrait de soi narcissique ou nouvel outil de construction identitaire - 18 novembre 2013
- le nouvel Obs : le "selfie", l'autoportrait au smartphone devenu nouvelle esthétique - 20 novembre 2013
- abc news : New Dove Campaign asks whether selfless define beauty

mardi 14 janvier 2014

La belle envolée de la cosmétique Premium




Source : Fotolia

Alors que la crise continue de frapper les marchés, le luxe ne s'est jamais aussi bien porté et a progressé de +10% en 2012(1). Les parfums et cosmétiques participent à cette augmentation, que ce soit dans les pays émergents ou les pays développés. Plus particulièrement en Asie et dans les pays américains, le marché du premium beauty est en pleine effervescence. Aux États Unis, les derniers chiffres de NPD montre une croissance de +23% du segment premium  depuis les 12 derniers mois (chiffres NPD jusqu'en Nov 2013) (2) . Le segment de la cosmétique "upper premium" s'est enrichi année après année, et ceci, malgré la crise. En soin visage, le nombre de lancements dont le prix est compris entre 200$ et 400$ a augment de +49% en 2012 (3), ce qui indique que le désir pour les cosmétiques haut de gamme est plus que d'actualité. 

Dans le cadre d'un dossier spécifique sur le sujet réalisé en partenariat entre IPSOS et Cosmetics Inspiration&Creation, Rémy Oudghiri a mis en avant les  dernières tendances sociétales et les habitudes (issues de l'Étude IPSOS World Luxury Tracking). Leïla Rochet-Podvin, de l'Agence Cosmetics Inspiration &Creation, quant à elle dresse un panorama des nouvelles valeurs du luxe, les leviers du désir pour cette cosmétique premium, et les pistes prospectives suivre pour bâtir sur les tendances émergentes.

Un engouement irrésistible


L'Étude World Luxury Tracking d'IPSOS indique que les clientes de cosmétiques valorisent de plus en plus les éléments les plus exclusifs : rareté des ingrédients, éditions limites, personnalisation de la relation aux marques Qui dit exclusif dit évidemment plus cher. Et cette tendance se confirme aussi bien sur les marchés développés (Europe, Etats-Unis, Japon) que sur les marchés émergents (Chine, Brésil, Russie).


Mais pourquoi accepter de dépenser plus pour des produits cosmétiques une époque où l'offre est surabondante, de qualité et accessible ?
La première raison est l'influence toujours plus forte de l'image de soi dans nos sociétés. Le développement sans précédent de nos capacités filmer, prendre des photos et les mettre en scène, explique cette influence. Dans ce contexte, les outils de mise en scène de soi deviennent de plus en plus sophistiqués. De plus en plus de personnes investissent dans les moyens permettant de mettre en valeur leur apparence physique. La cosmétique est un de ces moyens. Dans certains pays, la crise économique ajoute une pression supplémentaire ce besoin de se mettre en scène. Au-delà des contraintes professionnelles et économiques, cultiver son image est aussi devenu une façon de dire qui l'on est. On veut être vu, mais pas trop. C'est la nouvelle sensibilité. On veut se montrer mais sans s'étaler. On veut se distinguer, mais sans être trop voyant. Le clinquant n'est plus de mise. Derrière cette envie d'être vu, il y a ce désir d'être soi-même, avec son style propre, un style qui reflète sa personnalité. Sans être radicalement différent, on tient apporter sa petite touche. Les témoignages ce sujet sont nombreux aux Etats-Unis ou en Europe.
Et puis, au-delà de l'image, on veut se protéger. C'est l'autre puissant levier de la cosmétique de luxe. Se protéger des effets délétères de la pollution sur la santé individuelle. Plus le souci de la santé est puissant chez un individu, plus celui-ci est prêt s'offrir les meilleurs produits, donc les plus chers. La prolifération de l'offre entraîne aussi une suspicion. Dans les pays émergents, les produits contrefaits sont régulièrement saisis. Les risques lis la consommation d'ingrédients falsifis jouent en faveur de la cosmétique de luxe. En payant plus cher pour une marque, les consommateurs sont convaincus d'acheter une garantie d'innocuité. Se protéger c'est aussi se protéger des effets du vieillissement. Le jeunisme de nos sociétés augmente le désir de paraître jeune.

La cosmétique de luxe et les valeurs du luxe de demain
La cosmétique premium prend ses racines au coeur des valeurs en mutation propre au Luxe. Réservé jadis aux élites et la noblesse, le modèle de consommation du luxe a modifié ses principes, moins lié aux classes sociales, mais li un nouveau modèle de succès social. Fin des années 80, le luxe devient un symbole de réussite et se montre pour provoquer l'admiration de l'autre. Le luxe reste la signature de l'excellence et du raffinement mais également le trophée du succès qui suscite l'admiration dans une société de Masse.
Depuis, la crise, le bouleversement de nos économies, la remise en cause des valeurs traditionnelles (le travail, l'argent, la sécurité) ont chamboulé notre société. Les valeurs se font plus engages voire plus participatives. On privilégie l'expérience, le réenchantement au quotidien et le bonheur. On recherche des émotions fortes, celles qui grisent mais également celles qui nous élèvent, nous cultivent. Susciter le désir devient une clé de séduction du consommateur. Nous sommes passés d'une société de l' éloge du paraître à une société de l'esthétique hédoniste composée d'une mosaïque d'individus qui valorisent leur singularité (cf mise en scène de soi, ci-dessus).
En même temps, l'éthique (l'émotion de coeur) est devenue une valeur clé de notre société. Pour ce consommateur en quête de sens, l'affinité devient essentielle. Faire écho aux valeurs auxquelles il est sensible devient un impératif. Le lien statutaire avec la marque se remplace par un lien d'affinité, une relation plus humaine, voire humaniste. On n'achète plus un produit, on adhère une marque.

Les champs prospectifs pour les innovations de demain

Partant de ce constat d'évolution des valeurs liées la cosmétique Premium, l'agence Cosmetics Inspiration & Creation a mis en évidence une segmentation prospective servant de base une réflexion d'innovation. L'agence invite les marques enrichir leur discours classique de performance avec un discours qui fait écho aux évolutions de notre société et du luxe.
Deux axes sont la base de cette segmentation. Le premier axe est un axe de relation au consommateur (upgrader l'égo ou renforcer le désir). Le second axe est celui des valeurs du luxe (renforcement des valeurs originelles ou des nouvelles valeurs du luxe).
Ainsi l'agence a mis en avant 4 champs prospectifs illustrés par des boards, qui peuvent être résumés de la façon suivante :
  • ArtKeting - Upgrader l'égo en consolidant les valeurs cratives et culturelles de la marque, ce qui va renforcer l'affinité, lexprience et susciter l'émerveillement par la beauté et la noblesse de la création.
  • 4Me -  Trouver un bénfice ou une expérience qui valorisera l'affinité à la marque, que ce soit un service, une promesse, une qualité nouvelle au produit. Dans cette perspective, favoriser la proximité de la marque pour intensifier le sentiment d'unicité de la personne est une des pistes. Cest la notion dindividu-lite, plutôt qu'une élite de caste.
  • Sentstory -  Renforcer la dimension de la découverte sensorielle ou la découverte d'une nouvelle histoire et positionner la marque en marque évasion permettant la découverte de nouvelles sensations, de nouvelles expériences pour un bonheur hédoniste.
  • Xhumaniste - Le propre de la cosmétique premium est de valoriser le consommateur dans son achat et de provoquer une affinité qui touche son coeur. Renforcer l'ancrage de la marque sur une notion de marque sacrée/humaine et révéler l'empreinte éthique de celle-ci face aux enjeux sociétaux (développement durable, collectivité, éthique,..).

Pour plus d'information sur ce dossier : www.ipsos.fr ou www.inspiration-creation.com


Sources: (1) Chiffres Bain & Company, (2) NPD chiffres USA fin 2013 Marché de la beauté Premium, (3) chiffres Mintel cit dans le BW Confidential MJ 2013






         
         
         

        mercredi 27 novembre 2013

        La beauté qui emballe – les nouveaux codes de l’innovation spécial USA


        Crédit Photo : Covergirl NFL
        La première "fanicure" aux couleurs des clubs de football américains


        Le marché américain a toujours eu une longueur d’avance sur les innovations de rupture, surtout quand elles sont au service d’une fonctionnalité nouvelle alliant performance, expérience et singularité. Aujourd’hui, la technologie fait partie du style de vie et en beauté les consommatrices les adopte avec délice. 

        Priorité à l’innovation en 3 tendances :

        Inversion de codes – Le design-métissage

        Relecture moderne des codes de la beauté, les nouvelles propositions jouent avec audace le métissage. Les segments de la beauté définis historiquement par les marques sont chamboulés et les apparences des produits aussi.  Une nouvelle singularité s’impose,  pour le plaisir d’étonner mais également pour optimiser la performance et accroître ainsi le désir ou l’intrigue d’un conte différent. Mascara en tube , rouge à lèvres en crayon jumbo, démaquillant en pot, exfoliant en compte-goutte, soin en spray, mascara plat, masque appliqué au pinceau, …  les allures des produits se modifient pour le plaisir d’un geste réinventé.  Mais dans cette valse des styles, le succès n’est possible que si l’audace créative est au service d’un résultat supérieur.


        Avon Mega Effects Mascara
        Nouveau pinceau applicateur de Mascara
        Crédit photo : Avon

        L’ingénierie  de précision –la beauté  "tech-enhanced"

        Dans un marché où la technologie fait partie du quotidien des consommateurs urbains, place à l’intelligence au service de la beauté. Les marques font appel à une nouvelle inventivité high-tech, qui place l’usage produit au rang d’expérience professionnelle. En onglerie, les patchs-vernis se déclinent désormais en patch gel aussi bien qu’en patch nail art. En mascara ou eye-liner, le design des brosses ou pinceau est au centre du discours.

        La marque Blinc a lancé un eyeliner aux allures de « rotring », avec un pinceau superfin (0.01mm), permettant une application ultra précise.  
        Blinc Ultrathin Liquid Eyeliner
        Crédit Photo : Cosmetics Inspiration&Creation


        Chez Maybelline, le pinceau d’eye-liner se termine par un mini-disque plat, permettant, de profil, un trait fin, et de face un trait épais.
        Maybelline - Master Duo
        Crédit Photo : Cosmetics Inspiration & Creation

        En soin, les accessoires ou applicateurs intelligents s’invitent comme des experts dans les rayons.  Les soins pour les yeux ont connu une déferlante d’applicateurs ergonomiques ou massants (cf Lancôme GÉNIFIQUE EYE LIGHT-PEARL™ , Clinique Even Better Eyes).

        Le « Pro-Empowerment » - les multiples et le digital

        Gagner du temps (et de l’argent) c’est aussi cela le nouveau lifestyle féminin. Dotée de son smartphone, la consommatrice prend des allures d’experte et échange avec plaisir des photos de sa mise en beauté sur les réseaux sociaux.  Les ventes de sets en soin et de palettes de maquillage sont en croissance et certaines marques de niche ont réussi à se hisser au rang des plus grands grâce à celles-ci (exemple avec les palettes Nude d’Urban Decay). A suivre de près, la nouvelle gamme de Michèle Phan, em  première « gamme beauté digitale » lancée par la vloggeuse* star de Youtube. La marque propose une « life palette » à confectionner soi-même et un accompagnement via des tutoriaux pour obtenir le look désiré.
        em by Michele Phan
        36 couleurs rechargeable dans cette "Life Palette"
        Crédit Photo : em by Michèle Phan

        Le consommateur attend de la part des marques qu’elles l’accompagnent dans son quotidien, dans son mouvement, l’émerveillent et l’aident à se façonner l’image de la femme qu’elle veut être aujourd’hui et demain.

        This article is available in English in the Beyond Beauty Mag pg 10 : here
        *Les vloggeuses sont la nouvelle génération de bloggeuse réalisant des tutoriels  sur Youtube.